Ceux qui trouvaient que ce voyage ressemblait pour l’instant un peu trop à une croisière de deux jeunes mariés vont se rassurer en lisant ce post.
Hier, nous avions décidé de partir assez tôt de Dubrovnik dans l’idée de bien avancer. Malheureusement, nous avons été réveillés par des trombes d’eau. Nous avons donc pris le temps de prendre le thé avec la mamie Croate chez qui nous logions (depuis la Croatie, il y a énormément de chambre à louer chez l’habitant, nous avons dernièrement un peu délaissé notre tente) et nous avons profité d’une très légère éclaircie pour partir. Il pleuvait par intermittence et nous avons même fait des pauses forcées à un supermarché puis à une station service quand il pleuvait trop. Après la frontière du Monténégro passée (la première pour laquelle nous avons dû faire la queue et notre premier tampon du voyage sur notre passeport !), le temps devenait de plus en plus agréable. Le paysage était aussi de plus en plus beau : nous suivions une route côtière où les montagnes se jettent littéralement dans l’eau. Nous commencions à chercher un endroit pour notre pique nique quand, dans un virage détrempé, nous avons glissé. Nicolas a essayé de redresser la moto mais a eu le reflexe de freiner pour éviter la montagne, du coup nous sommes tombés et avons glissé sur une bonne dizaine de mètre. Nous n’avions rien du tout mais la moto semblait assez mal en point. La fourche était complètement tordue ; les autres dégâts semblaient assez mineurs, mais on ne pouvait visiblement pas repartir.

Kotor-accident

C’est dans ce genre de moment que l’on se sent un peu seul. Il y a toujours un moment où l’on regarde autour de soi en se disant « mais comment vais-je me sortir de ce merdier ? ». Puis un Bosniaque (nous l’apprendrons après) qui nous avait entendus est venu voir que nous allions bien et a regardé la moto (autant dire que, ne parlant pas bosniaque et lui pas anglais, on était un peu « lost in translation »). Il a finit par revenir avec un de ces copains de chantier, ils ont mis la moto dans leur camionnette et ont essayé de nous trouver un garage. Malheureusement, ou heureusement, nous avons dû faire pas mal de kilomètres et nous sommes arrivés à Kotor, une des villes touristiques du pays. Le garagiste ne semblait pas trop impressionné hier quand on lui a amené la moto (il parlait de mettre la fourche dans une presse pour la redresser), nous avons donc fait sagement du tourisme (Kotor est une ville fortifiée sur la mer et se trouve au bout du fjord le plus au sud de l’Europe…) en y croyant pas mal. Pourtant ce matin, quand on est passé au garage, la personne qui avait l’air vraiment qualifiée pour s’occuper de la moto semblait bien plus pessimiste avant de commencer la réparation (« ok, we trrrry and afterrr we see »). Nous avons donc passé la journée a essayé de voir où nous pourrions trouver une pièce de rechange au cas où, imaginant jusqu’à prendre un ferry pour l’Italie et Bari. Finalement, on est repassé cet après midi et ça avait miraculeusement bien avancé. Goran, avait l’air content de lui et la fourche était bel et bien redevenue droite. On a même fait une petite photo de l’équipe :

Goran et son pote à Kotor

Pour finir, ils nous ont demandé jusqu’où on voulait aller en connaissant très bien la réponse vu qu’on l’a fièrement écrit sur notre caisse. On pense qu’ils voulaient nous l’entendre dire… « You crrazy ! »
Enfin voilà, Nico a essayé la moto et ça roule !
Autant vous dire que l’on est soulagé car cette histoire aurait pu être beaucoup plus galère. Enfin, ces péripéties font évidemment parti du voyage, mais, on roulait tellement bien jusqu’à présent que l’on n’y pensait certainement pas assez. Ce n’est pas plus mal, on ne sait jamais trop à quel point on est vulnérable.
Toujours est-il que l’on a vraiment envie d’avancer maintenant et que l’on compte se lever tôt demain pour essayer d’atteindre (en faisant attention), la capitale de l’Albanie, Tiranë.

Et comme Kotor c’était quand même beau, voilà quelques photos :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...