Boue sur la caisse

On ne l’avait pas prévu : la mousson est censée être finie depuis 1 mois et pourtant, depuis 3 jours, il pleut presque sans discontinuer. Une petite pluie fine très désagréable sous laquelle on peut rouler mais qui transforme les routes, déjà en mauvais état, en de véritables champs de boue par endroit. On fait du 20 km/h en moyenne et on roule une bonne partie de la journée. On a fini la journée d’hier dans un état pitoyable, à la nuit tombée. Depuis une quarantaine de kilomètres on cherchait un endroit où dormir mais on traverse vraiment des coins paumés. Les routes sont pratiquées uniquement ou presque par des camions dont nous avons l’impression de vivre un peu le quotidien (sauf la nuit). On ne parle pas de la conduite plus que folklo, et du chaos ambiant qui règne dans les « villes » que l’on traverse. Enfants nus, vaches, chiens écrasés ou non, cochons ou chèvres, saddhus (religieux à moitié clochards et défoncés en permanence) perchés, processions religieuses colorées… : tout ce beau monde patauge comme si de rien n’était dans cette boue. Images souvent apocalyptiques pour nous mais qui sont certainement la norme pour des populations qui connaissent la mousson tous les ans. Et toujours de-ci de-là, on capte malgré tout quelques instants de grâce du grand n’importe quoi à l’indienne : un passager penché sur le pare-brise pour faire lui-même l’essuie-glace sur l’autoroute, des saddhus qui encadrent un éléphant comme si de rien n’était, un klaxon de camion à l’harmonie de Dhoom (un tube bollywoodien), un mécano sourire aux lèvres debout sur un cric pour changer la roue d’un camion au milieu de la route…et tant d’autres.

Bref, on en bave comme ça pour la première fois, mais bon, c’est normal, un voyage n’est jamais tout rose, on le sait. Donc on serre les dents, on ne perd pas le moral et on essaie d’avancer comme on le peut… ou pas, vu que la pluie a redoublé et on parle même d’un cyclone sur la côte. Du coup on a stoppé aujourd’hui à Mandu, ville heureusement avec pas mal d’attraits touristiques. On n’est pas à quelques jours près de toutes façons. Et puis, comme nous a dit un indien alors qu’on lui parlait de cette pluie « Something is better than nothing ». La philosophie indienne…

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