Une rue à UB

Il y a des villes comme ça, on le sait avant d’arriver, qui sont un point d’entrée indispensable dans un pays mais certainement pas une étape en soi.

On ne reviendra pas sur l’épisode qui nous a valu de passer trop de temps à Ulaanbaatar, tout cela fait partie du voyage, on le savait avant de partir.

On aura tout de même passé 10 jours dans cette ville et finalement, c’était une expérience. On pourrait presque écrire aujourd’hui un guide sur cette ville : installés dans un appartement dans une des nombreuses barres soviétiques, on commençait à y prendre nos habitudes. Internet cafés aux connexions excellentes et très bon marché, soirées dans les très (trop) nombreuses tentes coupe du monde, passages quotidiens à l’ambassade française… (puis russe) et une attraction culturelle par jour, pas plus, histoire de les économiser (enfin au début, vu qu’après un certain temps il ne restait plus rien ou presque à faire). Difficile de dire que l’on s’y sentait bien mais on y avait nos repères.

Ulaanbaatar est l’archétype de la ville en mutation, où les yourtes côtoient des immeubles en verre et où les barres d’immeubles de l’ex période soviétique constituent les 3/4 des bâtiments debouts (souvent lugubres de l’extérieur et impeccables de l’intérieur). On sent la ville qui n’a pas encore eu le temps de s’organiser (pour traverser une rue, c’est plus que du sport).

De tout cela résulte un mix très bizarre qui engendre des mises en situation inédites :

- il est courant de se demander si les gens que l’on croise fréquemment face contre terre sont encore vivants. En fait, ils décuvent gentiment.

- il faut toujours faire attention aux bouches d’égout ouvertes si l’on ne veut pas tomber sur des choses aussi ragoûtantes qu’une carcasse de mouton.

- il faut TOUJOURS avoir son sac à dos devant et ses mains dans ses poches (et on l’appris trop tard malheureusement plus qu’un oeil sur tous ses sacs dans un restaurant).

- ne pas trop s’étonner si, par mégarde évidemment, un Mongol attrape une jambe ou vient percuter un sein ou des fesses…

- savoir que si l’on n’aime ni le gras ni le mouton, aller manger dans un restaurant Mongol est très hasardeux.

- faire attention à la circulation : il n’est pas bon de se retrouver dans un accident. On a pu voir un piéton mourrant dans sa marre de sang rester ainsi une bonne partie de la soirée… Le genre de vision que l’on aimerait bien s’éviter. Mais bon…

- les taxis sont tout le monde et personne. Donc quand on en a marre de passer pour un pigeon de touriste, on prend le bus !

et on vous passe les voitures qui vous arrosent ou vous insultent en passant, les passagers de bus en sang qui se bavent dessus etc etc…

Nous avons malgré tout passé de bons moments en bonne compagnie à Ulaanbaatar. On a pu notamment y voir un opéra de Verdi en Mongol, siroter leurs bières locales très convaincantes dans une ambiance coupe du monde toujours bon enfant ou visiter un temple au Bouddha gigantesque….

Cette ville restera une étape très bizarre pour nous mais se créer un début de quotidien dans ce tumulte reste intéressant (surtout quand l’on sait que ça ne durera pas…). On a de la matière vidéo pour vous faire un “testé pour vous”, on verra si on arrive à le garder jusqu’à notre retour en France…

Pour finir, comme les miracles sont toujours possibles, nous avons pu quitter la ville en Trans-Sibérien comme prévu vers la Russie grâce à un visa transit (10 jours, il va falloir être concis) de dernière minute.

Prochaines étapes : le lac Baïkal, Moscou et quelques journées dans le train.

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